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Cheval de sport à l'excercice

LE NOURRIR SELON SES BESOINS INDIVIDUELS ET SON NIVEAU D’ACTIVITÉ

Au même titre que l’entraînement et le potentiel génétique de l’animal, la nutrition du cheval de sport joue un rôle primordial dans l’atteinte d’une bonne performance.

Au même titre que l’entraînement et le potentiel génétique de l’animal, la nutrition du cheval de sport joue un rôle primordial dans l’atteinte d’une bonne performance. Au point de vue diététique, la considération la plus importante est la suivante : la ration du cheval à l’exercice doit permettre de combler tous ses besoins nutritionnels, c’est à dire lui apporter une quantité suffisante d’eau, d’énergie (calories), de fibres, de minéraux et de vitamines.

Peu importe que vous fassiez de la compétition ou non, votre cheval de sport devrait recevoir une alimentation adaptée à la discipline que vous pratiquez ainsi qu’au niveau d’intensité du travail que vous exigez de lui. La ration alimentaire du cheval doit fournir, en quantité appropriée et selon les bons ratios, tous les nutriments qui lui sont indispensables. Souvent, il est nécessaire d’ajouter certains suppléments, tel Equilizer ou Optimal, de Purina, afin de s’assurer que les besoins du cheval en vitamines et minéraux sont comblés.

L’énergie : le carburant essentiel à l’activité physique

au moment d’établir la diète de votre cheval de sport, la quantité d’énergie apportée par la ration demeure l’élément le plus important à considérer car elle doit satisfaire ses besoins individuels

Ceci dit, au moment d’établir la diète de votre cheval de sport, la quantité d’énergie apportée par la ration demeure l’élément le plus important à considérer car elle doit satisfaire ses besoins individuels. Si tel n’est pas le cas, votre cheval perdra ou gagnera du poids, deux situations pouvant affecter négativement sa performance. En effet, le cheval trop maigre n’aura par les réserves énergétiques suffisantes pour mener à bien son travail alors que le cheval trop gras, hypothéqué par la surcharge pondérale et rarement en condition physique adéquate, risquera de souffrir d’un coup de chaleur dû à l’effet isolant du gras en excès. Pour éviter ces situations problématiques, vous devez avoir une idée des besoins énergétiques de votre cheval ainsi que de l’apport en calories des aliments que vous lui servez.

L’énergie, au sens nutritionnel du terme, n’a rien à voir avec le tempérament du cheval lorsqu’il est monté ou manipulé mais indique plutôt le nombre de mégacalories (Mcal)* apporté par un aliment ou par une moulée industrielle. À titre d’exemple, l’énergie digestible (ED) d’un foin de mil de qualité moyenne fournit environ 1.6 Mcal/kg alors que la quantité d’énergie digestible apporté par l’avoine se situe aux environs de 2.9 Mcal/kg. Au sujet des moulées industrielles, la quantité d’énergie qu’elles fournissent varie beaucoup d’une moulée à l’autre et n’est pas indiquée sur l’étiquette du produit. L’énergie digestible des moulées industrielles n’est en général connue que par les nutritionnistes et consultants équins affiliés à chaque entreprise de fabrication de moulée; si vous servez à vos chevaux des produits de marque Purina, nos consultants équins se feront un plaisir de vous aider à établir votre programme alimentaire avec plus de précision.

L’énergie digestible nécessaire au cheval est calculé selon ses besoins de base (se mouvoir, manger, dormir, digérer, etc.) ainsi que sur l’énergie additionnelle nécessaire à l’activité physique (courir, sauter des obstacles, contourner des barils, etc.).

C’est la ration alimentaire qui procure au cheval l’énergie dont il a besoin; il tire cette énergie des hydrates de carbone, fournit par la fibre des fourrages et l’amidon des grains, des matières grasses, fournies par l’ajout d’huile végétale ou par les moulées industrielles au pourcentage de gras élevé et, enfin, des protéines, dont le rôle demeure modeste en matière d’énergie et, surtout, inefficace.
* 1 mégacalorie = 1000 kilocalories, 1 kilocalorie = 1000 calories

Exercice léger, modéré ou intense?

Comment faire pour connaître exactement la quantité d’énergie dont votre cheval a besoin? À titre d’information, soulignons que le Conseil National de Recherche (NRC) recommande, par rapport aux besoins énergétiques du cheval à l’entretien, une augmentation quotidienne de la consommation de calories de 25%, 50% et 100% selon qu’il soit à l’exercice léger, modéré ou intense. Selon le NRC, les besoins énergétiques du cheval à l’entretien de 500 kg se situent à 16.4 Mcal/kg. À l’exercice modéré, ce même cheval verrait donc ses besoins énergétiques augmenter de 50% et passer de 16.4 Mcal/kg à 24.6 Mcal/kg. Ceci dit, rassurez-vous, vous verrez plus loin qu’il n’est pas essentiel de sortir calculatrice et tables d’énergie du NRC pour déterminer la quantité d’énergie à fournir à votre cheval.

Les différentes catégories d’activités du cheval se décrivent en général de la façon suivante :

  • Cheval à l’entretien : Cheval au repos ou qui ne pratique aucune activité physique (la mise au pré, les tours de longe de détente et les petites ballades au pas une ou deux fois par semaine ne sont pas considérés comme de l’activité physique).

  • Cheval à l’exercice léger : Cheval de randonnée, d’équitation et de plaisance anglaise et western, à raison de quelques heures par semaine, à faible intensité.

  • Cheval à l’exercice modéré : Cheval de baril, de cutting, de saut d’obstacles, de reining et de dressage, à raison de plusieurs heures par semaine et avec un certain degré d’intensité.

  • Cheval à l’exercice intense : Cheval de course (incluant son entraînement en saison de course), de polo, de concours complet de haut niveau et d’endurance.

Même si ces descriptions représentent un point de départ intéressant, il faut garder en tête qu’elles sont générales. Le climat, le terrain et l’environnement global peuvent influencer le degré d’intensité de l’exercice. De plus, pour diverses raisons, notamment leur tempérament et leur métabolisme, certains chevaux sont plus difficiles à maintenir que d’autres; c’est le cas classique du cheval qu’on appelle hard keeper versus celui que l’on appelle easy keeper. Voilà pourquoi chaque cheval de sport devrait toujours bénéficier d’un programme individuel, basé avant tout sur sa condition de chair. L’évaluation de la condition de chair demeure d’ailleurs le meilleur indicateur de l’efficacité énergétique de la ration alimentaire servie à votre cheval : s’il est trop maigre, ses besoins énergétiques ne sont pas comblés et s’il est trop gras, la quantité de mégacalories servie dépasse ses besoins.

Une cote de chair de 5 à 6, sur une échelle de 1 à 9, 1 représentant le cheval émacié et 9, le cheval obèse, s’avère la plupart du temps idéale pour le cheval de sport. Les côtes du cheval présentant une condition de chair de 5 ne sont pas visibles mais elles sont facilement palpables avec les doigts.

Stratégies alimentaires générales (première partie)

Le foin, ou toute autre source de fibres, même s’il est moins énergétique que les grains ou les moulées complètes, demeure à la base de la ration alimentaire du cheval à l’exercice; extrêmement importante, la fibre permet de maintenir le système digestif du cheval en santé.

Le foin, ou toute autre source de fibres, même s’il est moins énergétique que les grains ou les moulées complètes, demeure à la base de la ration alimentaire du cheval à l’exercice; extrêmement importante, la fibre permet de maintenir le système digestif du cheval en santé. Soulignons que le cheval devrait recevoir au moins 1% de son poids corporel en foin, ou toute autre source de fibre, peu importe la discipline pratiquée. De façon générale, le cheval de performance consomme de 2% à 3% de son poids corporel en aliments, fibre et concentrés inclus. De façon pratique, un cheval adulte de 500 kg devra donc consommer de 10 kg à 15 kg par jour en foin et en concentrés. Plus l’activité physique demandée est intense, plus la part de concentrés apportée par la ration sera importante.

La source de fibres, le plus souvent du foin, doit être de très bonne qualité et, si c’est du foin, récolté assez tôt en saison; c’est ce qui améliorera sa digestibilité totale. En effet, un foin récolté tard présente une fibre ligneuse et peu digestible, ce qui peut entraîner une bedaine de foin, caractéristique indésirable, particulièrement pour le cheval de sport.

Le foin servi devra aussi être dénué de poussières et de moisissures afin d’éviter d’endommager les voies respiratoires, ô combien importantes pour le cheval de sport.
La densité énergétique plus élevée des moulées complètes ou encore des grains est, pour la plupart des chevaux de sport, nécessaire, particulièrement lorsque le cheval atteint des niveaux de travail modérée à intense. Lorsque l’on sait qu’un foin de mil de qualité moyenne fournit environ 1.6 Mcal/kg et que le cheval à l’entraînement intense pesant 500 kg a besoin de 32 Mcal/kg d’énergie digestible par jour, le calcul est simple : pour combler les besoins énergétiques de ce cheval, il faudrait qu’il consomme pas moins de 20 kg de foin par jour, ce qui est tout simplement impossible!

Au point de vue concentrés, il est avantageux de servir des moulées industrielles plutôt que des grains (avoine, maïs, etc.), puisqu’elles sont en général fortifiées en protéines ainsi qu’en vitamines et minéraux.

Lorsque viendra le temps de choisir la moulée que vous servirez à votre cheval de sport, optez pour une moulée complète, haute gamme, spécifiquement formulée pour les besoins du cheval à l’exercice; une moulée formulée pour un cheval à l’entretien ou une moulée de moindre qualité ne comblera pas les besoins importants de votre cheval. Privilégiez une moulée dont les grains ont été traités, ce qui rend l’amidon plus digestible et permet de réduire considérablement les risques de problèmes digestifs tel les coliques gazeuses et la fourbure, et assurez-vous à tout le moins que le maïs et l’orge des moulées mélassées ont été floconnés. Les moulées cubés auxquelles on a ajouté des particules extrudées ainsi que les moulées totalement extrudées s’avèrent toutefois, dans la plupart des cas, les meilleurs choix que vous pouvez faire pour votre cheval de performance. Pour le cheval à l’exercice, Purina propose des moulées extrudées pour cheval, soit Légende et Entraîneur, ainsi que des moulées multi-particules, soit Révélation et Meilleur Copain. D’excellentes moulées cubées et mélassées élevées en gras sont également disponibles pour le cheval à l’exercice, soit Omega et Favori.

Vérifiez auprès de nos consultants équins quelle est la source de calories à la base de ces moulées – gras, amidon, fibres ou un mélange des trois – car elle peut avoir une influence importante sur le tempérament et la santé du cheval, notamment au chapitre des ulcères d’estomac, très fréquents chez le cheval de sport. La recherche scientifique à ce sujet n’est pas suffisante actuellement pour comprendre parfaitement la corrélation entre le type d’énergie fournie par la ration et les ulcères d’estomac.

Le choix de la source de calories utilisée pour apporter de l’énergie au cheval peut également avoir une influence directe sur la performance, selon que vous pratiquiez une discipline aérobique ou anaérobique. Plus de détails à ce sujet plus loin dans cet article.

Un petit mot sur les besoins en protéines du cheval adulte à l’exercice. La tendance, chez les propriétaires de chevaux, est de s’attarder beaucoup à cette dernière, au détriment de tous les autres nutriments, et de la servir au cheval de façon souvent excessive. Si vous servez à votre cheval un foin de graminées de qualité moyenne, une moulée complète pour cheval à l’exercice dosant 12% à 14% de protéines est amplement suffisant, en autant que la source de protéine soit de qualité, donc riche en acides aminés essentiels (matériau de construction de la protéine), telles que le sont les moulées complètes de marque Purina. La lysine, la méthionine et la thréonine sont trois des acides aminés essentiels qui doivent à tout prix être apportés par la ration alimentaire du cheval car ce dernier ne peut les synthétiser. Malheureusement, cette information ne se retrouve pas sur l’étiquette du produit : il faut alors se rabattre sur la réputation et le leadership du fabricant de moulée ainsi que sur l’apparence et la performance de votre cheval qui en diront beaucoup sur la qualité d’un produit.

Glycogène, acide gras… et performance

Un petit retour sur l’énergie digestible s’impose! L’amidon et les fibres apportés par la ration alimentaire du cheval seront stockés en tant que gras dans les tissus adipeux et en tant que glycogène dans le foie ou les muscles. De leur côté, les matières grasses fournies par la ration du cheval seront stockées sous forme de gras dans les tissus adipeux. Le gras stocké par le cheval sera utilisé lors d’activités aérobiques (en présence d’oxygène) alors que le glycogène, qui sert aussi lors d’activité aérobiques, sera la seule source d’énergie disponible lors de la pratique d’activités anaérobiques (en absence d’oxygène).

Durant l’exercice, le type de carburant utilisé par le cheval pour la contraction musculaire – gras ou glycogène - dépendra de l’intensité du travail, de la composition des fibres musculaires du cheval, de sa condition physique et, jusqu’à un certain point, de son alimentation.

Au cours d’exercices courts et intenses, le carburant majoritairement utilisé par le cheval pour la contraction musculaire est le glycogène. Toutefois, puisque le gras permet au cheval d’épargner ses réserves de glycogène, donc de retarder la fatigue, même le cheval de course devra recevoir une ration élevée en gras.

Pour les activités d’endurance, beaucoup moins intenses mais de longue durée, ce sont les gras qui servent en majeure partie de carburant au cheval, bien que le glycogène demeure également nécessaire à la bonne performance; en effet, peu importe la discipline, si les réserves de glycogène sont épuisées, la fatigue survient prématurément et la performance en souffre.

À la lumière de ces informations, on comprend mieux que le choix des aliments fournissant l’énergie essentielle au cheval de sport aura une influence importante sur la performance, selon la discipline pratiquée.

Au point de vue carburant, les chevaux de course et autres chevaux travaillant principalement de façon anaérobique bénéficieront de moulées complètes à base de fibre et gras mais, surtout, à base d’une bonne source d’amidon digestible; c’est en effet ce dernier élément qui leur permettra de rétablir leurs réserves de glycogène musculaire. Soulignons que cette recommandation à propos de l’amidon s’applique en autant que le cheval n’éprouve pas de problèmes particuliers de santé, par exemple le tying-up.

Pour leur part, les chevaux d’endurance et autres chevaux travaillant principalement en aérobie bénéficieront de moulées complètes particulièrement riches en fibres et gras.

Le sujet du métabolisme de l’énergie et des différents carburants utilisés par le cheval est extrêmement complexe et pourrait à lui seul faire le sujet d’un article! De façon plus pratique, il est important de retenir que peu importe le type de discipline pratiquée, les moulées complètes dans lesquelles on retrouve des proportions intéressantes de fibres, de matières grasses et d’amidon sont à privilégier pour quiconque désire atteindre une performance athlétique optimale tout en évitant les problèmes digestifs, une stratégie que favorise d’ailleurs un nombre de plus en plus grand de propriétaires de chevaux de sport.

Vitamines, minéraux, électrolytes et eau

Les besoins du cheval de sport en vitamines et minéraux sont proportionnels à ses besoins énergétiques, c’est à dire qu’ils augmentent avec le degré d’intensité de l’exercice, mais dans une moindre mesure que l’énergie. Il est important de savoir que si la ration du cheval est complète et équilibrée au point de vue de tous les nutriments, parfois à l’aide d’un supplément compensateur, par exemple, lorsque la quantité de moulée servie par jour est en deçà des quantités recommandées, les besoins en vitamines et minéraux sont comblés et le cheval peut performer à son plein potentiel, malgré les stress reliés à l’exercice.

Au point de vue vitaminique, seul un apport en vitamines du complexe B peut être envisagé. En effet, malgré le fait que le cheval synthétise les vitamines du complexe B dans son gros intestin et qu’il n’est pas nécessaire d’en ajouter à sa ration lorsqu’il est à l’entretien, la situation serait différente lorsque son système digestif est soumis au stress de l’exercice. Malgré l’absence de recherche scientifique à ce sujet, il est présumé, lors de l’exercice, que les vitamines B ne sont plus synthétisés en quantité suffisante. C’est pour palier à cette déficience possible qu’un supplément des vitamines du complexe B tel le Horse-Plus, de Purina, est fortement conseillé. Les vitamines B permettraient notamment d’améliorer la formation de globules rouges et la production d’énergie.

Au point de vue minéral, soulignons que le cheval perd des quantités importantes de sodium, de chlore et de potassium lorsqu’il sue. Lors d’un travail intense, particulièrement lorsque le temps est chaud et humide, l’ajout d’électrolytes est efficace pour prévenir la déshydratation du cheval ainsi que l’apparition de possibles pathologies musculaires tel le tying up. Le sel (100% NaCl) est aussi une excellente façon de favoriser la consommation d’eau du cheval et il peut être fort utile d’en ajouter à sa ration à raison d’une ou deux onces par repas, plus si nécessaire.

Ceci dit, l’apport de sel et électrolytes au cheval est hautement bénéfique… en autant, bien sûr, que ce dernier puisse avoir accès à une eau propre et tempérée en tout temps, et ce avant et après l’exercice. Ne négligez jamais cet aspect!
 

Par Josée Lalonde
Coordonnatrice des services techniques, secteur équin, chez Agribrands Purina Canada (www.agripurina.ca)
Purina est une marque déposée sous licence de la compagnie Nestle Purina Pet Care.

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