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Il était là, le
regard vif mais tendre, dans l’embrasure de la porte de l’écurie.
Tout de suite, en le voyant, j’ai su que ma xième tentative de me
sevrer de cette passion qu’est l’équitation allait se solder par une
rechute. Le coup de foudre, comme on l’imagine dans nos rêves de
petite fille. Sa robe de la couleur chaude du soleil, sa crinière
blonde, mais surtout son regard…
Tout se déroulait
si vite, cette journée là. Après 6 mois d’abstinence équestre suite
au décès de mon dernier cheval, j’avais résisté à la tentation d’aller
même renifler l’odeur de l’écurie, de peur de céder encore. Puis
voilà qu’on me parle de ce jeune Palomino à vendre, pas trop loin.
Dès le lendemain, je me présente là-bas, le cœur battant, avec ma
selle, mes bottes et mon espoir. Une amie m’accompagne, qui saura me
guider et me conseiller lorsque le cœur n’écoutera pas la raison. Que
de circonstances ce jour-là. Le propriétaire a le même nom que mon
parrain, décédé, qui agit à titre de mon ange gardien. Le cheval est
né la même journée que mon fils Philippe, nom qui signifie « celui qui
aime les chevaux » . Finalement, dans l’enthousiasme, j’ai omis
d’apporter ma sangle. Comment essayer un cheval sans sangle pour la
selle… La décision se prend donc facilement. Ce cheval deviendra mon
compagnon de route. Décision que je n’ai, à ce jour, jamais
regrettée.
Depuis ma plus
tendre enfance, l’amour des chevaux a habité ma vie et mes rêves. Les
centres équestres devenaient mon terrain de jeux. Sur la route, je
m’amusais à compter les chevaux dans les champs, plutôt que les autos
que l’on croisait. Les étés au camp n’avaient de signification que
pour les activités avec les chevaux. Ce n’est qu’à l’âge adulte
cependant que ce rêve s’est concrétisé, par l’achat de mon premier
cheval. Les jeunes d’aujourd’hui se doivent d’apprécier la chance que
leurs parents leur procurent en leur offrant la réalisation de leur
passion... Plusieurs achats de chevaux m’ont permis par la suite de
développer mes connaissances, de raffiner mes attentes et mes
besoins. Plusieurs raisons ont contribué à tous ces changements de
cap. Mauvais choix de cheval, déménagement trop loin, naissance d’un
enfant. Plusieurs périodes sans cheval aussi. Remises en question.
Mais toujours un retour. J’ai essayé de chercher le remède qui me
guérirait de cette passion, mais je ne le cherche plus aujourd’hui.
J’ai compris, maintenant, que ça me coule dans le sang, ça vit dans
mes entrailles, ça mijote dans mon cerveau. Ça fait partie de ma vie.
Aujourd’hui, à
mon 6ème cheval, et à de nombreux chevaux d’amies montés
ici et là, après des expériences parfois même douloureuses et
déchirantes, je peux dire que j’ai trouvé mon bonheur. Mon équilibre
est atteint. Mon cheval Balzac et moi formons, je pense, une belle
équipe. Je sais que cette fois-ci est la bonne. Je songe aux années
à venir avec sérénité et douceur. Je m’endors sur des images de galop
dans les champs, Balzac à vive allure, la crinière au vent, comme dans
mes rêves d’enfant. Mais maintenant, ce n’est plus seulement un
rêve….
Catherine Vanasse |