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Après avoir lu l'histoire de
Balzac et de sa propriétaire, j'ai
décidé de vous faire part de la mienne. Je ne sais pas si cette
histoire est pertinente pour votre site mais je crois qu'elle est
la preuve que l'amour peut venir à bout de tout.
Je me présente, je m'appelle Gabrielle et je
suis propriétaire d'une jument d'origine inconnue bien qu'elle
soit en tout point identique aux critères de l'apaloosa. Chanelle,
tel est son nom, est l'étoile de ma nuit, comme j'aime bien
l'appeler. Elle m'a aidée à trouver ma place dans ce monde et à
avoir confiance en moi, bref, elle m'a aider à passer à travers
mes problèmes d'adolescence. J'avais oublié de spécifier que je
n'ai que 16 ans.
Tout le monde me trouve chanceuse d'avoir mon
propre cheval, mais ils ne savent pas tout ce dont je me prive. Je
n'ai reçu d'aide de personne pour la payer, je paye sa pension,
son matériel et ses vitamines moi-même. Pour ce faire, je dois
travailler beaucoup, même quand il y a de l'école, je peux finir à
2 heures du matin et me lever à 7 heures pour aller à l'école.
Donc je ne dirais pas que je suis chanceuse, je dirais que je le
mérite.
J'ai rencontré Chanelle à une écurie où je
travaillais comme guide. Je ne l'avais jamais remarqué jusqu'au
jour où on l'a assigné à quelqu'un et qu'elle l'a jeté à terre.
J'ai eu donc la mission de m'occuper d'elle et de la monter le
plus possible. C'est là que notre véritable histoire d'amour a
commencé.
Dur à croire, mais j'ai trouvé mon cheval, le
cheval de ma vie. J'en ai monté des chevaux, étant guide pendant 2
ans, mais jamais je n'ai ressenti cette harmonie. Je partais le
soir dans les montagnes sans selle ni bride, manger des baies dans
la montagne. Elle me suit partout sans laisse, je «danse» avec
elle, si je peux me permettre ce terme. C'est avec de grosses
larmes que je la quitte, à la fin de l'été, en lui promettant
d'aller la rechercher. J'apprends qu'elle change de ranch durant
l'automne.
En avril, j'avais réussi à trouver les fonds
nécessaires pour l'acheter. Je me rends à l'écurie où elle se
situe avec un vétérinaire. Et là, catastrophe. Des chevaux
entassés dans un enclos grand pour 15 chevaux, ils y sont au moins
50. Ils mangent que des carottes, résultat Chanelle a la diarrhée.
En plus elle ne peut plus marcher. Une blessure à la jambe non
soignée, qui s'est refermé, et l'infection a grandit à l'intérieur
de sa patte.
Le vétérinaire l'examine, verdict: 50% de
chance qu'elle ne puisse plus marcher même si on la soigne, car il
ne sait pas si l'infection a grugé l'os. Moi en pleurs je lui dis
que je la prends quand même et lui me répond que ce n'est pas la
bonne solution, mais bon... Le cœur à ses raisons que la raison ne
connaît pas. Je ne voulais pas la laisser là alors je vais lui
doucher la patte pour la geler et la faire embarquer dans le van.
Je me rends où se trouve l'arrosoir et à côté de moi se trouve un
cadavre de cheval… Hospitalier comme coin !.
Pendant 2 semaines, j'ai dut la piquer à la
pénicilline 2 fois par jour et arroser sa jambe pendant 30
minutes. Je remercie grandement les propriétaires de l'écurie où
je loge ma jument, c'est eux, qui lui ont fait ses piqûres le
matin car j'allais à l'école.
L'abcès a finalement éclaté et le pue s'est mis à coulé. Nous
sommes tous soulagés, elle s'en sort à merveille. Après 1 mois et
demi, le vétérinaire me dit que je peux commencer un peu de
travail en selle.
Je décide une belle journée de la monter. Elle
me jette à terre, moi et mon cœur. Coup dur pour moi. Je ne sais
pas ce qu'ils lui ont fait là-bas, et je crois que je ne tiens pas
à le savoir mais, il faut qu'elle fasse le choix, qu'elle apprenne
à me faire confiance et qu'elle se souvienne que ma main est douce
et que je ne la frapperai pas à la tête (elle panique dès que
j'approche ma main ou un objet de sa tête).
Après une remise en confiance, pour elle et moi,
nous redevenons l'équipe que nous étions. Je peux la toucher sur
la tête, bien qu’elle garde une certaine méfiance, et je la
comprends. Le temps et mon amour vont sûrement guérir quelques
blessures, mais il y en a d’autres que, je crois, elle a du mal à
oublier et à nous pardonner, nous les humains.
Pour finir, c'est sur que je ne peux pas faire
comme mes amies et aller magasiner, mais en revanche, j'ai une
amie sur qui je peux toujours compter, qui m'attend patiemment
dans son pré avec ses copains et n'hésite pas à les quitter pour
venir me voir, qu'elle plus beau signe d'amour peut-on avoir de la
part d'un cheval lorsqu'il quitte ses amis du pré et trotte vers
nous, nous donne un câlin et se laisse passer la laisse gentiment?
Je suis jeune et j'ai peu d'expérience, mais Chanelle me pardonne
toutes mes erreurs. Il existe une chanson sur les apaloosas que
j'aime bien lui chanter car ça la représente assez bien :
« A spotted horse of spirit wondrous»
« Strong she is, fearless and nimble on the hills»
« Faithful in heart»
« We share a kindred spirit»
Merci beaucoup de m'avoir lu, j'espère que ça
pourra aider les jeunes qui croient à tord qu’il est impossible
d'avoir son cheval, ça demande des sacrifices, mais c'est faisable.
Le truc c'est d'économiser. Ah ! je voulais préciser, je suis une
adepte du «naturel». Chanelle n'a pas de fer et ne reçoit pas de
moulée, que des vitamines pour elle et son bébé. Je la soigne
quand elle a de petits bobos avec des herbes naturelles. Elle vit
dans un pré avec ses amis. Je dois dire que je reçois beaucoup
d'aide des personnes qui vont à l'écurie. Elles répondent à toutes
mes questions et m'aident toujours le plus possible. Je remercie
enfin mes parents, qui ne m'ont jamais empêché de réaliser ce rêve
et m'ont montré ce que c'est que de travailler pour obtenir
quelque chose. Même si ils ne m'aident pas financièrement, ils
sont là pour me soutenir psychologiquement.
Gabrielle Poissant |