|
Cette question, chaque propriétaire de jument
doit sûrement se la poser, au moins, à chaque printemps.
Effectivement, si nous prenons le temps de faire l’exercice
mathématique, nous pouvons évaluer les coûts approximatifs d’une
telle opération. Également, on doit prévoir, les soins
supplémentaires à apporter à la jument, donc l’ajout de temps à
l’écurie.

Jument Quarter Horse une semaine avant l'heureux
événement. |
Tout d’abord, il faut posséder « la » jument,
pour réellement apprécier et avoir la fierté de présenter un
rejeton dit de bonne famille. Il sera aussi plus aisé de prévoir
les qualificatifs du poulain, si les origines de la mère et du
père sont connues. Il est impératif que les géniteurs soient
reconnus comme tel afin d’éviter toutes mauvaises surprises à la
naissance, exemple : maladies congénitales ou héréditaires,
tares, etc…
Premier pas à franchir, critère incontournable : être déjà en possession de la future mère ou
être en mesure de « louer » une bonne jument poulinière.
Maintenant, il faut déterminer ce que l’on
veut comme futur cheval. C’est à ce moment que l’on doit
évidemment définir les caractéristiques souhaitées : la race en
vertu de la discipline projetée, puis, le genre : mâle ou
femelle, la grandeur, la conformation, la couleur et pour
parfaire le tout, pourquoi pas le caractère idéal. Certaines
caractéristiques sont plus faciles que d’autres à prévoir,
exemple : la grandeur.
Malgré tout, plusieurs décident de passer
outre aux obstacles et de se lancer tout de même dans cette
belle aventure.
Pécuniairement parlant, il nous faut
répondre à quelques exigences essentielles :
-
Évaluer l’espace à l’écurie pour une
jument poulinière, le box sera-t-il assez grand ?
-
La nourriture devra être appropriée pour
une jument en gestation, cela est-il prévu ?
-
Pendant la période de gestation de la
jument, certaines disciplines plus risquées devront être
interrompues (ex. : saut, barils, etc…) faut-il prévoir un
autre cheval ?
-
Le choix de l’étalon, est très important,
qu’elle est le coût de la saillie ?
-
Le vétérinaire doit absolument faire un
examen complet de la jument, est-elle déjà suivi
régulièrement (vaccins à jour).
-
Le mode de saillie dépendra de votre
choix ou de la disponibilité de l’étalon, auquel cas il
faudra prévoir le transport et la pension de la jument chez
l’étalonnier.
-
À quel endroit est situé le futur
géniteur ?
-
Une fois la jument gestante, elle devra
être suivie par votre professionnel de la santé de façon
périodique.

Irish sport horse |
Finalement, c'est le jour tant attendu
soit environ 11 mois d’attente interminable… Il vous arrivera,
du haut de ses échasses, un peu difforme par ses jambes beaucoup
trop longues pour un si petit corps, de grandes oreilles, voilà
: bébé est là. Une merveille ! Mission accomplie… ou presque !
Il faudra maintenant composer avec ce nouvel
arrivant. Les moments palpitants de son arrivée maintenant
derrière, que faire ?
Votre patience sera à nouveau mise à
l’épreuve et il faudra prévoir quelques années de pension, de
coûts vétérinaires et maréchal ferrant pour que bébé devienne
enfin le cheval rêvé.
Les coûts reliés à un tel exercice
financier doivent êtres relégués à la section dite loisirs et
amusements. Aucun administrateur ne conseillerait des telles
dépenses avec autant de risques.
Soyons réaliste, à moins bien sur de le faire
par passion des chevaux, aucune personne sensée ne voudrait
faire un investissement aussi peu rentable, pour ne pas dire
aussi déficitaire. J’exclus évidemment les professionnels qui
ont un élevage où plusieurs poulains sont proposés chaque
printemps et où cela est devenu une profession proprement dite.
Je parle ici de gens néophytes qui ont pour seule motivation la
passion des chevaux. Il faut s’interroger sérieusement pour que
toute l’expérience soit vécue agréablement du début à la fin et
que le tout ne se change pas en véritable cauchemar.
Il est impératif de se poser les véritables
questions et d’être assez honnête pour ne pas céder à la
tentation du moment ou du coup de coeur.

Canadream Ferari Rolls Royce, 1 ans |
En bout de ligne, lorsque l’on évalue chacun
des coûts reliés à cette aventure, je crois très sincèrement,
que le magasinage d’un jeune cheval devrait se faire
différemment. Par exemple, il est possible d’augmenter le budget
d’achat d’un poulain quand l’évaluation de l’ensemble de tous
les risques et les coûts inhérents de la gestation jusqu’à la
naissance ont été établis.
Pour le plaisir de magasiner un jeune cheval
ou un poulain et d’avoir le choix de la couleur, de la
conformation, de la grandeur et du caractère, cela en vaut le
prix !
Laissons aux professionnels les risques (même
calculés) et prenons pour nous la meilleure partie, le privilège,
le plaisir de pouvoir choisir notre ami à quatre sabots parmi
plusieurs sujets.
Source : Chantal Ramsay |