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Passionnée et émerveillée par les chevaux
depuis sa tendre enfance, Hélène Perreault est une personne à la
fois généreuse et enthousiaste. Elle apprécie chaque minute passée
auprès des chevaux. Elle s’emploie aujourd’hui, à temps plein à
enseigner et promouvoir l’équitation éthologique; une façon
sécuritaire et agréable de côtoyer les chevaux.
Mais qu’est-ce que l’équitation éthologique?
Du grec êthos, qui signifie mœurs et
logos, la science, l'éthologie est l'étude scientifique du
comportement des animaux dans leur milieu naturel.
Le terme fut créé en 1854 par le biologiste
français Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, mais cette science a
réellement été fondée au siècle dernier par des scientifiques qui
cherchaient à expliquer le comportement de chaque espèce animale
de façon objective dans leurs conditions environnementales.
Discipline de synthèse, l'éthologie emprunte
ses méthodes à divers domaines : biologie, écologie, etc. Mais
elle est avant toute une science d'observation et la base de toute
étude éthologique consiste à établir un « éthogramme
». C'est-à-dire un inventaire exhaustif des comportements d'une
espèce animale par une description minutieuse.
On parle d'équitation éthologique, car c'est en
observant les chevaux que les « nouveaux maîtres ou chuchoteurs
», comme les ont appelés les médias, ont pu définir quelles
actions adopter afin d'établir un code de communication entre
humain et équidé.
C’est
en 1995, après plusieurs années de recherche et d’écoute qu’Hélène
Perreault met la main sur le livre de Pat Parelli, Natural
Horsemanship aux éditions Western Horseman. Malgré qu’il soit
publié uniquement en anglais à l’époque, Hélène le dévore
littéralement. Après cette lecture, c’est la piqûre ! Il lui faut
en savoir plus. Elle déniche la vidéo de Pat Parelli, Seven Games.
On dit qu’une image vaut 1000 mots. Il n’en fallait pas plus pour
la convaincre de se rendre en Colombie-Britannique rencontrer
Larry Stewart. En 1998, elle participe à sa toute première
clinique. Emballée, elle décide d’organiser des stages de
formation et d’inviter Larry à venir transmettre son savoir au
Québec. Le premier stage, en octobre 1999, connaît un succès
incroyable : plus de 200 observateurs et 15 participants avec
leurs chevaux y prennent part. Une nouvelle façon de faire était
démontrée et nous avions la preuve de son bon fonctionnement sous
nos yeux.
« Comme ce fut mon cas, c’était une
véritable découverte pour tous les gens présents à cette première
au Québec. Je suis convaincue que plusieurs se le rappelleront
longtemps. Une telle communication, un respect réciproque, le
plaisir d’être ensemble sont démontrés par Larry tout au long de
cette fin de semaine du mois d’octobre 1999, à Calixa Lavallée.
Pas besoin de force ni d’intimidation. La dynamique d’une relation
naturelle entre le cheval et l’homme peut s’obtenir grâce à la
communication, la compréhension et la psychologie. »
« Beaucoup de gens, en particulier des
femmes (80%), achètent un cheval et veulent être complices avec
cette bête noble et fière. Par contre, il arrive souvent qu’après
peu de temps, le petit toutou se transforme en une grosse bibitte
qui peut parfois être dangereuse. Déçues, frustrées et inquiètes,
plusieurs de ces personnes abandonnent ainsi leur rêve. Dans les
cours d’équitation traditionnelle, on oublie malheureusement trop
souvent l’aspect émotif et mental du cheval. De même,
l’enseignement du travail au sol est pratiquement absent. »
« Mais, bonne nouvelle, depuis l’an dernier
au Salon du Cheval de Paris, la Fédération Française d’Équitation
a lancé son nouveau programme, les Savoirs éthologiques. La FFE
conçoit l'équitation éthologique comme une approche du cheval
basée sur la CONFIANCE et le RESPECT, qui revalorise la relation
entre l'homme et le cheval et réintègre le travail à pied. Ainsi,
en plus de former des cavaliers, ce programme vise une formation «
d'Homme de cheval ». Et je suis particulièrement fière d’être la
première au Canada à obtenir mon Brevet d’enseignement
d’équitation éthologique de la FFE, ce qui me permet d’enseigner
ces nouveaux Savoirs. »
Hélène vit son rêve, mais ce
ne sont pas des vacances !
Elle y travaille très fort et de trop
nombreuses heures par jour selon ses proches.
Les vacances ?
« Oui, très certainement au moins un mois l’hiver prochain,
sauf qu’elles ne sont pas encore planifiées et les projets ne
cessent de se présenter ! Mais j’y pense. »

Hélène et Mystère |
Elle ne peut résister à une invitation. Elle
répond à l’appel et est toujours disponible pour aider les gens à
comprendre leur compagnon et leur compagnon à mieux comprendre
leur propriétaire, pour le bien-être et la sécurité des deux.
Hélène sillonne le Québec avec son fidèle Mystère. « Le
meilleur professeur ce n’est pas moi, c’est le cheval lui-même,
c’est lui qui vous montre comment et j’apprends tellement avec
Mystère et tous les chevaux que je rencontre sur ma route. »
Comme elle le dit si bien : « L’Équitation
Éthologique c’est bien plus que des mots, c’est une communication
non-verbale, une intention, un degré d’énergie, une expression, un
geste. Nous avons perdu cette façon de communiquer et j’enseigne
comment la retrouver. Les intentions d’un cheval se lisent dans
son expression, son regard, ses naseaux, ses oreilles, sa tension
musculaire, sa queue, en fait dans toutes les parties de son
corps. C’est bien plus que juste les sons qu’il émet. En peu de
temps et avec les bons outils, toute personne qui le veut vraiment,
qui est à l’écoute, sera en mesure de capter les signes de ce
langage. »
« Le film de Robert Redford, L’homme qui
murmurait à l’oreille des chevaux, bien que comportant plusieurs
éléments qui relèvent de la science fiction, a suscité la
réflexion chez les gens de chevaux. Cela les a amené à vouloir en
savoir un peu plus sur la communication homme-cheval ».
Changer les coutumes…
Réussir à modifier les façons de préparer un
cheval pour la compétition, voilà une prochaine étape qu’Hélène
aimerait bien franchir.
« Beaucoup reste à faire de ce côté au
Québec. Il y a les O’Connor (médaillés olympiques en concours
complets), Leon Harrel (plusieurs fois champion du monde de
cutting), Craig Johnson (top ten de reining aux U.S.A.) et
plusieurs autres, qui ont commencé à changer leur mentalité et
leur approche. Ils perçoivent de plus en plus l’importance de
prendre soin du mental et de l’émotionnel du cheval pour arriver à
une très grande performance. Pas seulement son côté athlétique.
L’équitation éthologique, ce n’est pas uniquement pour les
"horse-lovers". C’est extrêmement positif et ce n’est qu’un début.
»
Je lui ai posé la question : Si je veux acheter
le bon cheval, celui qui me convient vraiment, est-ce que
l’Équitation Éthologique peut m’aider ?
« Oui, à condition de savoir lire le cheval,
d’avoir assez d’humilité pour reconnaître ses limites et d’éviter
comme la peste les 3 principales erreurs, c’est-à-dire :
-
Se fier à sa beauté extérieure uniquement
(couleur, prestance, fougue),
-
Acheter un poulain alors que vous n’avez
pas d’expérience en vous disant: Il grandira avec moi et il n’a
pas de faux plis. ,
-
Garder un étalon alors que vous ne
souhaitez pas faire de la reproduction et que vous n’avez pas la
connaissance ni la délicatesse/fermeté requises.
Personnellement, lorsque je recommande
l’achat d’un cheval, je vise prioritairement le bon « mix », un
cheval expérimenté pour un cavalier débutant, un cheval pas trop
dominant pour une personne qui a de la difficulté à s’affirmer, un
cheval tolérant pour un cavalier qui manque un peu de tact et de
doigté. Naturellement un cheval en bonne santé, bien conformé
selon les exigences de la discipline envisagée, aussi un cheval
brave et respectueux pour la sécurité et le plaisir des deux
partenaires. »
« Je ne prétends pas tout connaître et j’ai
encore beaucoup à apprendre, mais je sais surtout que je n’en suis
qu’à mes premières couleurs de ceinture en leadership équin.
J’essaie de bien évaluer mes partenaires de jeu, pour ne pas
accepter par erreur ou par vanité de participer à un match avec
une ceinture noire confirmée comme Bruce Lee »
« J’aime les chevaux intelligents et
brillants, qui me posent des questions, qui échangent (la
communication c’est dans les deux sens), qui me font grandir et
apprendre d’eux. Souvent les chevaux répondent à mes demandes par
cette question : « Que penses-tu de ça ? » Et ils attendent
patiemment ma réponse pour évaluer si je suis le leader qu’ils
cherchent ! »
« C’est de cette manière que je les aime; en
leur permettant de me dire ce qu’ils pensent et en leur permettant
d’être ce qu’ils sont : des chevaux, tout naturellement ! »
Réalisée par Chantal Ramsay
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