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Dans leur environnement naturel, les juments
sauvages présentent des signes de chaleur tard le printemps et
poulinent environ 11 mois plus tard. Par exemple, les juments de
l’Ïle de Sable poulinent habituellement pendant les mois de mai et
juin. Ainsi, lorsque les jeunes poulains font face à l’hiver, ils
ont déjà entre cinq et six mois. Ils ont eu l’opportunité de
manger et d’engraisser un peu. Leur chance de survie (étant donné
leur état sauvage) est alors meilleure. Ils ont pu accumuler leurs
graisses et sont en mesure d’affronter un hiver rigoureux même
avec un accès limité à leur source de nourriture. Chez les chevaux
sauvages, il est très rare qu’un poulain naisse pendant l’hiver.
Leur instinct naturel les guide. Ils suivent ce cycle qui leur est
naturel. Un cycle qui est directement lié aux changements de
climat et de luminosité. La lumière du soleil, de la lune, sont
les points de repère sur leur horloge biologique.
Chez les chevaux domestiques, ce cycle est
influencé par la présence humaine. Ils doivent s’adapter aux
différentes exigences de leurs propriétaires. Ceux-ci décident du
moment opportun pour la gestation et la mise à bas des juments,
habituellement au printemps ou à l’été. En ce qui concerne les
juments qui vivent dans les écuries, les propriétaires peuvent
jouer avec l’éclairage, le dosage d’hormones, la présence d’un
étalon etc. pour influencer les chaleurs et obtenir un poulain
pendant l’hiver. Mais est-il possible pour un nouveau né de
survivre à l’hiver dehors?
Cette question soulève bien des débats. La
réponse est OUI. Il est même préférable pour les poulains de
naître dehors, dans un environnement ‘naturel’ . J’aimerais
souligner le fait que je parle de la naissance d’un poulain dont
la jument est déjà gardée dehors dans un environnement ‘naturel’ (selon
la définition d’Équinextion).
Certaines conditions sont nécéssaires. Il est
difficile de répondre simplement sans parler de différents
facteurs importants tels: la période de gestation et
l’alimentation de la jument, la mise à bas, l’alimentation du
poulain et les conditions environnementales. Les conditions
environnementales sont certainement très importantes
La période de gestation
L’alimentation de la jument pendant la
gestation est très importantes. Il faut s’assurer qu’elle est
nourrie de façon équilibrée. Une jument gardée dehors devrait
avoir accès à de l’eau (environ 24 litres) , du sel et du foin en
tout temps, spécialement l’hiver. (Le simple fait de broutter
génère de la chaleur). En ayant accès à du foin en tout temps, la
jument va alors augmenter sa consommation pendant les trois
derniers mois pour combler ses besoins. ATTENTION aux aliments
transformés, ils peuvent causer des problèmes de santé graves pour
la mère et son petit.
Un autre facteur important pendant la gestation
est le MOUVEMENT. Bouger permet au système du cheval de bien
fonctionner. Si la jument ne bouge pas assez, les organes internes
en ressentent aussi les effets et ne fonctionneront pas aussi bien.
En gardant votre jument en forme, la mise à bas sera plus facile
et comportera moins de risques. Il ne faut quand même pas
l’entraîner de façon intensive. Comme toute chose, il faut être
raisonnable.
La mise à bas
Lorsque le propriétaire attend la naissance
d’un poulain, il doit être très attentif et être en mesure de
determiner le moment de la mise à bas. Cette tâche n’est pas chose
facile. La période de gestation se situe entre 310 et 365 jours.
Certains facteurs influencent ce cycle. Par exemple, il faut
s’attendre à une gestation plus longue de 10 jours pour les
juments qui mettent bas au printemps comparativement à celle qui
poulinent l’hiver. Le temps de gestation est aussi influencé par
le sexe du nouveau né. Il faut ajouter 3 jours de gestation pour
le foetus male.
La jument change beaucoup physiquement pendant
le dernier mois de gestation. Une semaine ou deux avant la mise à
bas, le côté gauche de son ventre est plus gros. Il est facile de
l’observer en se positionnant à l’arrière de la jument. Plus la
mise à bas approche, plus souvent la jument va se coucher. Elle se
regarde le ventre, tourne en rond…..elle est très nerveuse.
Lorsque sa respiration change et qu’elle se met à transpirer,
c’est que le travail commence vraiment. Habituellement, elle n’a
pas besoin de l’intervention humaine....(mis à part lui fournir un
lit de paille). Toutefois, si elle est couchée depuis plus de 30
minutes après le travail commencé, l’aide d’un vétérinaire ou
d’une personne expérimentée s’avère alors nécessaire.
L’intervention humaine pour la mise à bas n’est nécessaire que
pour 1 – 2 % des cas.
Une fois le poulain né, il faut s’assurer que
les voies respiratoires sont libres (que la membrane amniotique
est brisée) et que le cordon ombilical est brisé. En ce qui
concerne la mère, son placenta devrait être expulsé, sinon il faut
intervenir. La mère se lève habituellement presque tout de suite
après la mise à bas pour nettoyer le petit. Ce dernier devrait
être en mesure de se lever une vingtaine de minute suivant sa
naissance. Au bout de 2-3 heures, il est capable de trotter
inhabilement près de sa mère.
Les chevaux ont rarement besoin de
l’intervention humaine. Aussi, il est préférable de ne pas les
déranger pendant ce moment privilégié. Vous pouvez les observez de
loin pour vous assurez qu’il n’y a pas de complication. Mais si
votre présence n’est pas nécessaire, laissez-les jouir de se
moment privilégié. Le lien maternel se cré dès les premières
heures. Si l’humain intervient, il risque de briser ce moment ou
la mère apprend à reconnaître son bébé et se retrouver avec une
jument qui ne veut pas s’occuper de son petit….
Il est donc préférable de ne pas déranger la
mère et son poulain et de les observer de loin. Une certaine
vigilance est toutefois importante. Assurez-vous que la mère
s'occupe bien de son nouveau né et qu'elle s'occupe de le sècher.
Peut-être devrez-vous vous occuper de cette corvée si la mère ne
fait pas son devoir....
Certaines maladies peuvent se déclarer très
rapidement chez le nouveau né. Par exemple, l’une d’entre elle,
liée à la bactérie clostridium difficile et clostridum perfringens,
apparait 2 à 3 jours après la naissance et elle progresse
rapidement. Le poulain démontre alors des signes d’inconfort. Il
se lève et se couche souvent. Après le boire il peut se laisser
tomber et se rouler tout de suite. Il a la diarhée et grinche des
dents. Cette maladie, liée à un environnement mal-sain est souvent
mortel. Il est important d’appeller le vétérinaire dès que ces
signes apparaissent.
Chez les poulains qui naissent dehors, dans
un environnement propre et sain, les problèmes de santé sont rares
comparativement aux poulains qui naissent dans les stalles, et ce
même l’hiver. C’est pourquoi la majorité des grands éleveurs
gardent leurs juments et les poulains dehors.
L’alimentation du poulain
Moins d’une heure après sa naissance, le
poulain est en mesure de boire le lait maternelle. Le lait des
premières heures et des premiers jours est essentiel pour le
poulain. Ce lait, le colostrums, contient des proteines, des
vitamines et des anticorps essentiels au développement du système
immunitaire. Le bébé est en mesure de têter les deux pies à partir
d’un côté. Alors ne vous inquiétez pas si vous le voyez toujours
du même côté. Au bout de quelques jours – semaines, il commence à
explorer un peu plus. Il essaye de gruger les petites brindilles
qu’il trouve ici et là et finit par broutter et manger le foin
disponible tout comme sa maman. Le poulain apprend tranquillement
à se nourrir et son système s'adapte à cette nouvelle source de
nourriture. Contrairement à ce que certains pensent, le poulain
commence à broutter bien avant le temps d'être séparé du lait
maternelle. Toutefois, même s’il mange du foin, le lait de la
maman est toujours très important pour sa croissance. Jusqu’à 4
mois, le lait maternelle lui fournit l’essentiel des éléments
nutritifs dont il a besoin.
Les conditions environnementales – l’élément
clé
Le mouvement est certainement la clé du
success. La naissance est une détape de la plus grande importance
chez le cheval. Naître dehors est vital pour le cheval. Dès ce
moment, des changements physiques se produisent. Comme je l’ai
déjà mentionné, dès les premières heures, le poulain est en mesure
de suivre sa mère. Il va trotter à ses côtés et la suivre
constamment, se reposant lorsqu’elle s’arrête. Ses sabots vont
changer drastiquement pendant ces premières heures, ces premiers
jours. Ils vont prendre forme, prendre de l’expansion et
s’endurcir. Ces changements sont nécessaires. Les sabots, tout
comme les organes internes, jouent un role important en ce qui a
trait à la santé du cheval. Ils permettent une bonne circulation
sanguine, non seulement dans les pattes mais dans tout le corps,
permettant aux autres organes de fonctionner adéquatement.
Lorsqu’ils ne fonctionnent pas adéquatement, des problèmes
physiques vont apparaître..dans quelques jours, un an…quelques
années. Mais, ils vont survenir! Sous différentes formes…
Il est donc primordial de s’assurer que le
poulain naisse dehors et bouge. En bougeant, il va améliorer sa
circulation sanguine et il sera en mesure de se réchauffer.
Bien évidemment, l'hiver, avec les
températures extrêmes auxquelles ils doivent faire face, il est
nécessaire de leur fournir un abri ouvert auquel ils ont accès en
tout temps. Un abri avec un toit et 3 côtés est suffisant. Un
petit lit de paille bien douillet et propre dans un coin sera bien
apprécié par le petit lorsque la mère décidera de s’habriter des
intempéries. Il sera très bien. Le lit de paille est préférable à
la 'rip'. Il y a moins de poussière dans la paille, ce qui est
préférable pour le petit qui prend ses premères grandes
respirations.
Il est important de leur laisser le choix
d'être dehors ou dans l'abri, la mère saura d’instinct ce qui est
bon pour son petit.
N’oubliez pas la jument! Assurez-vous
qu’elle ait accès à du foin, de l’eau (au moins 24 litres par
jours) et du sel à volonté! En placant du foin à different
endroit vous l’inciterez à se déplacer (évitant peut-être des
coliques ….phénomène courant chez les juments gestantes…et aidera
le petit à garder une température corporelle normale. De plus,
cela évitera qu’elle et son petit se retrouve constamment dans
leurs excréments. En dispersant le foin de cette façon,
contrairement à ce que l’on peut croire, il y a moins de perte de
foin et le champs sera beaucoup plus facile à nettoyer. ( Je vous
invite à visiter www.equinextion.com pour en connaître plus sur
l’aménagement du terrain.)
Pour de plus amples informations, n’hésitez pas
à communiquer avec nous.
Nadine Robichaud
Equinextion.com
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