La chronique vétérinaire du Dr. Sarah Poitras-wright D.M.V.


 

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La Médecine préventive

La dentition équine

L’état de la dentition d’un cheval est étroitement relié à sa santé, sa longévité et sa performance. Afin de pouvoir broyer leurs aliments, les chevaux ont une dentition particulière qui nécessite un examen et un râpage dentaire au moins une fois par année à partir de l’âge de 2 ans ou plus tôt si un problème est suspecté.

Article de référence  : La dentition du jeune cheval, Le râpage dentaire

Qu’y a-t-il de si particulier?

Les dents d’un cheval subissent beaucoup d’usure à force de broyer les aliments. Pour contrer cette usure, les jeunes chevaux ont une réserve de racine qui permet une croissance dentaire continue. Au fur et à mesure que le cheval vieillit, ses racines dentaires raccourcissent. La croissance dentaire s’arrête lorsque le cheval a entre 20 et 30 ans. Les vieux chevaux sont sujets à bien des problèmes dentaires liés au manque de croissance de certaines dents.

Lorsqu’une dent tombe ou est cassée, elle laisse un espace vide. La dent opposée ne sera plus suffisamment usée et sa croissance sera excessive. Si cette dent n’est pas râpée régulièrement, elle peut nuire à la mastication et peut empêcher le cheval d’exécuter certains mouvements pour le cavalier, tel que regrouper l’encolure.

Chez le cheval, les prémolaires et molaires mandibulaires sont plus étroites que les maxillaires, l’usure inégale qui en résulte provoque éventuellement des aspérités. Si elles ne sont pas râpées, les aspérités deviennent coupantes et peuvent produire des ulcères douloureux dans la bouche.

Il y a de nombreux chevaux qui ont aussi un décalage entre la rangée maxillaire et la rangée mandibulaire de prémolaires et de molaires. Il en résulte des crochets qui peuvent être douloureux lorsqu’un mors s’appui à cet endroit. Ces crochets peuvent aussi gêner la mastication et l’exécution de certaines manoeuvres demandées par le cavalier.

Les chevaux dont la dentition est négligée ou ceux qui ont des problèmes dentaires (ex. dent manquante, usure inégale, mal alignement, etc.) risquent de développer des problèmes santé et de performance. La meilleure solution est d’éviter l’apparition de problèmes dentaires par des râpages préventifs à chaque année. Les chevaux qui ont un ou plusieurs problèmes dentaires diagnostiqué peuvent nécessiter des râpages aux six mois. Lorsque le processus est trop avancé, le vétérinaire peut améliorer le confort du cheval mais ne pourra plus corriger la situation. Il est donc indiqué d’agir tôt.

Quels sont les signes de douleur dans la bouche

Dépendamment de leur tolérance à la douleur, les chevaux qui ont besoin d’un râpage dentaire peuvent démontrer des signes évidents ou ne présenter aucun signe. Si votre cheval démontre les signes suivants ou si ses dents n’ont pas été râpées depuis plus d’un an, un examen dentaire est fortement recommandé :

  • Perte de poids (malgré une alimentation adéquate)
  • Difficulté à gagner du poids (malgré une alimentation adéquate)
  • Alimentation lente
  • Sélection des aliments
  • Perte d’aliments par la bouche
  • Salivation excessive
  • Particules visibles dans le fumier (grain entier, longues fibres de foin)
  • Coliques (parfois causées par des problèmes dentaires)
  • Problèmes de comportement lorsque monté
    • Prend le mors aux dents
    • Résistance au mors pour tourner, arrêter ou céder la tête
    • Garde la tête penchée, joue avec le mors

Qu’en est-il des chevaux sauvages?

Qu’en est-il des chevaux sauvages? Ils ont aussi des problèmes dentaires qui peuvent affecter leur longévité puisqu’ils subissent une sélection naturelle.Ils ont aussi des problèmes dentaires qui peuvent affecter leur longévité puisqu’ils subissent une sélection naturelle. En effet, un cheval sauvage dont la dentition n’est pas parfaite, risque de mourir de malnutrition avant de produire une descendance. Donc, la population de chevaux sauvages a moins de défauts dentaires héréditaires. Dans nos conditions d’élevage, les critères de sélection des reproducteurs sont nombreux et excluent souvent la dentition. L’explication est simple, un cheval domestique avec un problème dentaire pourra être en parfaite santé s’il reçoit des râpages réguliers et une alimentation adaptée. Il vivra confortablement, pourra performer normalement et avoir de nombreux poulains.

Les conditions de vie sont aussi bien différentes entre les chevaux sauvages et domestiques. En effet, les chevaux sauvages mangent toute la journée des aliments fibreux qui permettent une usure uniforme des dents. De leur côté, les chevaux en captivité mangent quelques heures par jour des repas moins fibreux et plus concentrés. En terminant, il ne faut pas oublier que bien des problèmes dentaires sont plus évidents lorsque le cheval est monté.

Dr Sarah Poitras-Wright, DMV
vet@cheval-hebdo.com

 

La Chronique
Vétérinaire

Clinique
23 février 2008

 

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