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L’état de la dentition d’un cheval est
étroitement relié à sa santé, sa longévité et sa performance. Afin
de pouvoir broyer leurs aliments, les chevaux ont une dentition
particulière qui nécessite un examen et un râpage dentaire au moins
une fois par année à partir de l’âge de 2 ans ou plus tôt si un
problème est suspecté.
Article de référence :
La dentition du jeune cheval,
Le râpage dentaire
Qu’y a-t-il de si particulier?
Les dents d’un cheval subissent beaucoup d’usure à force de
broyer les aliments. Pour contrer cette usure, les jeunes chevaux
ont une réserve de racine qui permet une croissance dentaire
continue. Au fur et à mesure que le cheval vieillit, ses racines
dentaires raccourcissent. La croissance dentaire s’arrête lorsque le
cheval a entre 20 et 30 ans. Les vieux chevaux sont sujets à bien
des problèmes dentaires liés au manque de croissance de certaines
dents.
Lorsqu’une dent tombe ou est cassée, elle laisse un espace vide.
La dent opposée ne sera plus suffisamment usée et sa croissance sera
excessive. Si cette dent n’est pas râpée régulièrement, elle peut
nuire à la mastication et peut empêcher le cheval d’exécuter
certains mouvements pour le cavalier, tel que regrouper l’encolure.
Chez le cheval, les prémolaires et molaires mandibulaires sont
plus étroites que les maxillaires, l’usure inégale qui en résulte
provoque éventuellement des aspérités. Si elles ne sont pas râpées,
les aspérités deviennent coupantes et peuvent produire des ulcères
douloureux dans la bouche.
Il y a de nombreux chevaux qui ont aussi un décalage entre la
rangée maxillaire et la rangée mandibulaire de prémolaires et de
molaires. Il en résulte des crochets qui peuvent être douloureux
lorsqu’un mors s’appui à cet endroit. Ces crochets peuvent aussi
gêner la mastication et l’exécution de certaines manoeuvres
demandées par le cavalier.
Les chevaux dont la dentition est négligée ou ceux qui ont des
problèmes dentaires (ex. dent manquante, usure inégale, mal
alignement, etc.) risquent de développer des problèmes santé et de
performance. La meilleure solution est d’éviter l’apparition de
problèmes dentaires par des râpages préventifs à chaque année. Les
chevaux qui ont un ou plusieurs problèmes dentaires diagnostiqué
peuvent nécessiter des râpages aux six mois. Lorsque le processus
est trop avancé, le vétérinaire peut améliorer le confort du cheval
mais ne pourra plus corriger la situation. Il est donc indiqué
d’agir tôt.
Quels sont les signes de douleur dans la bouche
Dépendamment de leur tolérance à la douleur, les chevaux qui ont
besoin d’un râpage dentaire peuvent démontrer des signes évidents ou
ne présenter aucun signe. Si votre cheval démontre les signes
suivants ou si ses dents n’ont pas été râpées depuis plus d’un an,
un examen dentaire est fortement recommandé :
- Perte de poids (malgré une alimentation adéquate)
- Difficulté à gagner du poids (malgré une alimentation adéquate)
- Alimentation lente
- Sélection des aliments
- Perte d’aliments par la bouche
- Salivation excessive
- Particules visibles dans le fumier (grain entier, longues fibres
de foin)
- Coliques (parfois causées par des problèmes dentaires)
- Problèmes de comportement lorsque monté
- Prend le mors aux dents
- Résistance au mors pour tourner, arrêter ou céder la tête
- Garde la tête penchée, joue avec le mors
Qu’en est-il des chevaux sauvages?
Ils ont aussi des problèmes dentaires qui peuvent affecter leur
longévité puisqu’ils subissent une sélection naturelle. En effet, un
cheval sauvage dont la dentition n’est pas parfaite, risque de
mourir de malnutrition avant de produire une descendance. Donc, la
population de chevaux sauvages a moins de défauts dentaires
héréditaires. Dans nos conditions d’élevage, les critères de
sélection des reproducteurs sont nombreux et excluent souvent la
dentition. L’explication est simple, un cheval domestique avec un
problème dentaire pourra être en parfaite santé s’il reçoit des
râpages réguliers et une alimentation adaptée. Il vivra
confortablement, pourra performer normalement et avoir de nombreux
poulains.
Les conditions de vie sont aussi bien différentes entre les chevaux
sauvages et domestiques. En effet, les chevaux sauvages mangent
toute la journée des aliments fibreux qui permettent une usure
uniforme des dents. De leur côté, les chevaux en captivité mangent
quelques heures par jour des repas moins fibreux et plus concentrés.
En terminant, il ne faut pas oublier que bien des problèmes
dentaires sont plus évidents lorsque le cheval est monté.
Dr Sarah Poitras-Wright, DMV
vet@cheval-hebdo.com
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