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Question
Bonjour, j'ai une pouliche de 3 ans qui a des démangeaisons à la
tête et plus précisément aux oreilles. Le vétérinaire a fait un
prélèvement dans une de ses oreilles où se trouvaient des taches
blanchâtres. Il les a analysés et il s'avère que c'est un
papillome. Il me propose un vaccin.
Ma question est, je sais que le vaccin est
normalement destiné aux bovins alors est-ce une bonne chose?
Puis, je sais que normalement une papillomatose ne crée pas de
démangeaison alors est-ce que ce vaccin pourrait l'aider? Ensuite
le vétérinaire m'a dit qu'il y a aussi quelque chose qui a poussé
dans sa culture qui serait de la sorte des champignons. Est-ce ça
qui pourrait la démanger? Si oui comment la traiter (le
vétérinaire ne semble pas penser qu'il faut s'en préoccuper). Puis
dernière question ma jument a le coin des yeux un peu enflé comme
de petites pustules rose et elle se gratte les yeux. Est-ce que
tout ça est lié à votre avis? J'espère beaucoup de votre réponse
en tant que spécialiste du cheval. Merci d'avance, Tania.
Réponse
Chère Tania,
votre question est la bienvenue, mais votre
vétérinaire est certainement plus en mesure que moi de vous
répondre puisque qu’il a vu votre jument. Je vous suggère donc de
lui demander de vous expliquer son raisonnement lorsqu’il y a
quelque chose que vous ne comprenez pas.
Chez la majorité des chevaux atteints de la
papillomatose typique, les papules disparaissent en quelques mois
et le vaccin effectué à partir d'une biopsie du papillome
nécessite plusieurs semaines de préparation. Le vaccin contre la
papillomatose a déjà été associé à des succès, mais son efficacité
n’a pas encore été prouvée chez les chevaux. Pour de plus amples
informations sur la maladie vous pouvez consulter la réponse de
Karol Lombart : ‘’Papillomatose,
sarcoïde, ou?’’.
La plaque aurale est assez commune chez les
chevaux de plus d’un an. Elle est causée par un papillomavirus
différent de celui qui cause la papillomatose typique. La plaque
aurale est caractérisée par une plaque hyperkératinisée et
dépigmentée affectant habituellement la surface interne de
l’oreille. Les lésions peuvent à l’occasion se retrouver près de
l’anus, de la vulve et de la région inguinale. La plaque aurale
persiste indéfiniment et ne se traite pas. Elle ne provoque
pas d’inconfort, sauf si elle est irritée par des insectes, des
infections secondaires ou des manipulations.
Il existe plusieurs causes de démangeaison (prurit)
chez le cheval. La plus fréquente est l’hypersensibilité aux
insectes qui est surtout observée au printemps et à l’été dans nos
régions. Certains parasites comme les poux, les mites et les
tiques peuvent aussi provoquer des démangeaisons. Même si les cas
sont rares, il faut ensuite penser aux allergies alimentaires et à
l’atopie qui est une hypersensibilité à un allergène de
l’environnement comme le pollen. Puis à l’occasion, certains
fongus comme la Dermatophitose peuvent provoquer des démangeaisons,
mais d’autres signes cliniques tel que des croûtes au bas des
membres accompagnent habituellement cette infection. D’autres
fongus peuvent se retrouver dans l’environnement et sur la peau
saine d’un cheval sans
causer aucun signe clinique. Ce qui fait qu’une
culture positive ne signifie pas toujours qu’on a trouvé la cause
du problème. Par contre, il est possible que la plaque aurale de
votre jument la rende plus susceptible à développer des infections
secondaires dans son oreille, y comprit aux habitants normaux de
la peau, provoquant ainsi des démangeaisons. D’un autre côté, il
est aussi possible qu’il y ait une cause distincte pour le prurit
de votre jument, surtout si le prurit n’est pas uniquement dirigé
vers son oreille. Il serait donc recommandé de consulter votre
vétérinaire si les démangeaisons persistent afin d’en investiguer
l’origine. Lors de conditions prurigineuses, la facilité et la
durée du processus diagnostique et thérapeutique varient beaucoup
selon la cause du problème.
Pour ce qui est des petites papules près des
yeux de votre jument, il peut s’agir de plusieurs conditions. Il
serait donc recommandé de consulter votre vétérinaire si les
lésions demeurent, changent d’aspect ou prennent de l’ampleur et
si le prurit continue.
En bref, la plaque aurale de votre jument ne
constitue pas un problème en soit, sauf esthétique, à moins
qu’elle ne soit irritée par des infections secondaires, des
manipulations ou des piqûres d’insectes. Il devient alors
important de détecter et de prévenir ces situations d’inconfort.
Les problèmes dermatologiques en général et plus particulièrement
les situations prurigineuses peuvent être un réel casse tête selon
la cause. Une bonne communication avec votre vétérinaire est donc
nécessaire tout au long de la démarche.
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Sarah Poitras-Wright
Étudiante en quatrième année
Dr André Vrins
Professeur clinicien au service de médecine interne équine
Sous la supervision du
Dr Jean-Pierre Lavoie, DMV, Diplomate
ACVIM
Professeur titulaire, Médecine interne équine
Faculté de Médecine
Université de Montréal |
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