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Question :
Je suis à la recherche de documents
concernant le harper australien. Nous avons un cheval de 14 ans
sur lequel notre vétérinaire a diagnostiqué ce problème suite à
une intoxication alimentaire par une plante qui ressemble au
pissenlit de par sa fleur, sa feuille et sa grande tige. Nous
sommes assez démunis face à cette maladie.
Pouvez-vous nous aider à mieux comprendre ce
qu’est le harper australien ? Reconnaître cette plante pourrait
nous aider. Nos chevaux vivent au pré et nous avons peur de voir
apparaître de nouveaux cas. Merci de nous donner le plus de
précisions possibles sur cette maladie qui donne à notre cheval
une démarche bien particulière.
Réponse :

Le harper se caractérise par une flexion
involontaire et exagérée du jarret lorsque le cheval se déplace.
Cette anomalie de la démarche s’exacerbe quand le cheval est
marché à reculon. Dans les cas sévères, la flexion est tellement
importante que le boulet peut venir toucher l’abdomen et le
cheval peut parfois menacer de perdre l’équilibre.
Il existe deux formes de harper, une forme
classique et une dite australienne. La forme classique est
sporadique, c’est-à-dire affecte un cheval pris isolément. Elle
n’a pas de caractère régional. Elle est parfois idiopathique,
c’est-à-dire sans cause connue, mais fait le plus souvent suite
à un trauma à l’aspect latéral du bas du jarret ou du haut du
canon. Cette forme atteint le plus souvent un seul membre et
généralement ne disparaît pas spontanément.
Décrite pour la première fois en 1848 en
Australie, d’où son nom, la forme australienne a également été
identifiée dans plusieurs autres régions du monde (Californie,
État de Washington, Chili et Italie). A notre connaissance,
cette forme de harper n’a jamais été rapportée officiellement au
Québec mais il est possible qu’elle survienne dans la province.
Le harper australien affecte souvent les deux
membres postérieurs et survient chez les chevaux au pré en fin
d’été/début d’automne, lorsque la qualité de l’herbe est moindre.
Contrairement à la forme classique, la forme australienne
possède plutôt un caractère épidémique, c’est-à-dire qu’elle
affecte en général plusieurs chevaux sur le même pâturage.
Bien que le harper australien soit encore mal
compris, on suspecte une cause toxique. Plusieurs plantes
sont pointées du doigt comme Taraxacum officinale, Hypochoeris
radicata, Hypochoeris glabra et Malva parviflora, mieux connues
respectivement sous le nom de Pissenlit officinale, Porcelle des
sables, Porcelle enracinée et Mauve parviflore. Malheureusement,
des tentatives visant à reproduire la maladie en nourrissant les
chevaux avec Taraxacum officinale ont échoué. Il semble donc que
le développement de cette forme de harper soit plus complexe que
l’ingestion seule de plantes toxiques. Une intoxication par des
mycotoxines (toxines de champignons) ou une carence en vitamine
B pourraient également être impliquées.

Taraxacum officinale
Pissenlit officinale |

Hypochoeris radicata
Porcelle des sables |

Hypochoeris glabra
Porcelle enracinée |

Malva parviflora
Mauve parviflore |
Il existe également une certaine sensibilité
individuelle puisque dans les cas d’épidémie rapportés, ce ne
sont pas tous les chevaux qui pâturent au même endroit qui sont
atteints. Le temps d’exposition à un pré contaminé nécessaire
pour développer la maladie est inconnu tout comme le délai entre
l’exposition et l’apparition des symptômes.
Contrairement à la forme classique, des
cas de rémissions spontanées sont souvent observés dans la forme
australienne. L’utilisation d’un traitement reste donc
controversée, d’autant plus qu’on ne connaît pas encore très
bien quelle est l’origine de cette maladie. La seule approche
rationnelle semble être de retirer les chevaux de la source
présumée toxique, donc de changer les chevaux de pâturage ou les
placer au box/paddock.
Malgré le changement d’habitat, la
récupération d’une démarche complètement normale peut être
longue, allant de plusieurs semaines à plusieurs années dans
les cas sévères. L’exercice serait bénéfique. En terme de
pronostic, la vie du cheval n’est a priori pas en danger et le
retour à une activité sportive à plus ou moins long terme est en
général favorable.
Des médicaments intéressants comme la
phénitoïne et le baclofen ont été utilisés sur quelques cas
anecdotiques et ont parfois permis de contrôler de manière
temporaire ou définitive les symptômes.
La gestion des pâturages semble la
meilleure option pour prévenir cette maladie. En particulier,
éviter le surpâturage (trop de chevaux par rapport à la surface
disponible) surtout lors d’été secs et entretenir les prairies
afin d’éviter l’apparition des mauvaises herbes.
Il faut garder en tête que le harper est une
anomalie de la démarche qui peut parfois être difficile à
différencier d’autres maladies comme un problème nerveux central
ou musculaire, du shivering ou d’un accrochement intermittent de
la rotule.
En espérant que ces quelques mots vous auront
permis d’y voir plus clair, nous restons à votre disposition et
à celle de votre vétérinaire pour d’éventuelles précisions.
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Karol Lombart
Étudiante de 4e année
Florent David, DMV, Résident en chirurgie équine
Faculté de Médecine, Université de Montréal
Saint-Hyacinthe
Référence pour les plantes :
site internet :
http://www.aujardin.info/plantes/pissenlit.php
Sous la supervision du
Dr Jean-Pierre Lavoie, DMV, Diplomate
ACVIM
Professeur titulaire, Médecine interne équine
Faculté de Médecine
Université de Montréal |
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