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Question
Je recherche toute documentation se
rapportant à l'encéphalite hépatique, pouvez-vous m'aider à
mieux cerner cette maladie (symptômes, soins....)
Réponse
L’HÉPATO-ENCÉPHALOPATHIE
Selon le Grand Dictionnaire de la Langue
Française, l’encéphalopathie hépatique réfère à un ensemble de
manifestations neurologiques (neuropsychiques) en rapport avec
l’insuffisance hépatique aiguë ou chronique. Il y a
insuffisance hépatique lorsque le foie est incapable d’assurer
ses fonctions (transformation des protéines, lipides et
glucides en énergie, excrétion de la bile, détoxication et
hématopoïèse). L’insuffisance hépatique a de multiples causes
possibles: substances hépato-toxiques, infection bactérienne,
virale ou parasitaire, tumeur / métastases hépatiques etc. Les
principaux signes cliniques observés lors de maladie hépatique
sont la dépression, l’anorexie, les coliques,
l’hépato-encéphalopathie, la perte de poids et l’ictère (jaunisse).
SIGNES CLINIQUES :
L’hépato-encéphalopathie est généralement
présente lors de dommages hépatiques majeurs. Plusieurs signes
cliniques peuvent être présents : altération de l’état mental,
pousse au mur, démarche chancelante, faiblesse, etc. Il existe
plusieurs grades d’hépato-encéphalopathie : .
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GRADE |
ÉTAT MENTAL |
| 1 |
Confusion
Baisse d’attention
Irritabilité
Difficulté à effectuer des certaines tâches |
| 2 |
Léthargie
Changements de personnalité
Comportement inapproprié
Désorientation |
| 3 |
Somnolence
Confusion
Amnésie
Comportement agressif incontrôlable |
| 4 |
Coma |
| Tableau
adapté de : Equine Internal Medicine, REED , BAYLY,
SELLON, 2004, p.959. |
Bien qu’en général l’hépato-encéphalopathie
soit réversible, la succession de plusieurs épisodes pourrait
mener à des dommages neurologiques irréversibles
PATHOPHYSIOLOGIE :
Plusieurs hypothèses ont été émises pour
expliquer ces signes neurologiques. L’une d’elle soutient que
l’ammoniac, produit par le tractus gastro-intestinal lors du
métabolisme des protéines, normalement transformé par le foie
puis éliminé, s’accumule chez le cheval en insuffisance
hépatique et devient toxique pour le système nerveux. D’autres
substances seraient aussi impliquées telles le phénol, les
acides gras à courtes chaînes, etc.
DIAGNOSTIC :
Plusieurs maladies affectant le système
nerveux peuvent causer des signes semblables à ceux observés
lors d’hépato-encéphalopathie : trauma cérébral, encéphalite
virale, rage, abcès cérébral, myélo-encéphalopathie à
protozoaire, botulisme, intoxication aux organophosphorés,
etc. Il est donc important de mettre en évidence la présence
d’une maladie hépatique en plus de la présence de signes
neurologiques.
Lors de l’analyse biochimique du sang, la
variation de plusieurs paramètres permet d’identifier le
cheval atteint d’une maladie hépatique bilirubines,
LDH,
AST,
ALT,
ALP,
urée,
glucose, etc.) D’autres tests diagnostics faits dans un centre
de référence sont ensuite nécessaires pour identifier
précisément le type de maladie hépatique présent (échographie
abdominale, biopsie hépathique …).
TRAITEMENTS :
Pour contrôler les signes neurologiques
associés à l’hépato-encéphalopathie, il faut d’abord traiter
l’insuffisance hépatique. Le traitement des maladies
hépatiques est toujours quelque chose de délicat et varie
selon le type de problème et la cause impliquée. Il s’agit en
général d’un traitement de support incluant des fluides
intraveineux et autres produits vétérinaires. Mais, des choses
simples comme des modifications de la diète peuvent aider les
chevaux atteints d’hépato-encéphalopathie qui ont encore un
certain appétit. On vise à diminuer la prise de protéines
(principale source de neuro-toxines) et à augmenter la
quantité d’hydrates de carbones pour assurer l’apport
énergétique. Des aliments tels la pulpe de betteraves et
l’avoine sont à préconiser. Ces chevaux peuvent aussi aller au
pâturage tant qu’ils sont protégés contre le soleil (zone
d’ombre, crème solaire). Certains chevaux atteints de maladie
hépatique présentent en effet de la photosensibilisation et
font des coups de soleil très importants au niveau des parties
non-pigmentées de la peau (zones à poils blancs).
PRONOSTIC :
Le pronostic de l’insuffisance hépatique
varie selon la cause et la sévérité de la maladie. Un cheval
atteint d’une maladie dite aiguë (récente et locale) a
toujours une meilleure chance de guérison qu’un cheval atteint
d’une maladie chronique (qui perdure, généralisée) avec une
hépato-encéphalopathie sévère. Le temps qui s’écoule entre le
début de la maladie et l’initiation des traitements peut aussi
influencer le pronostic.
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Audrey Hébert Gingras
Étudiante de 4e année
Dr Jean-Pierre Lavoie, DMV, Diplomate
ACVIM
Professeur titulaire, Médecine interne équine
Faculté de Médecine
Université de Montréal |
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