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Neurologie

Santé équine 

Le Virus du Nil au Québec

Question

En 2004, au Québec, il y a eu combien de chevaux qui ont contracté le Virus du Nil? Et ces chevaux provenaient de quelles régions du Québec?

Réponse

Le Virus du Nil a fait son apparition au Québec en juillet 2002. Cette année là, trois chevaux de la Montérégie ont été infectés par le Virus du Nil. Diverses activités de surveillance ont été mises en place en 2003 pour mieux connaître l’importance de la maladie. Ainsi en 2003, quatre cent quarante-cinq cas présumés ou confirmés chez les équins ont été signalés au Canada par l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments (ACIA). Parmi ces cas canadiens, trois chevaux provenaient du Québec, de la Montérégie plus précisément. En 2004, un seul cas probable a été identifié au Québec (région Chaudière-Appalaches), mais le diagnostic n’a pas été confirmé.

CAUSE ET TRANSMISSION :

Le Virus du Nil peut se transmettre à d’autres animaux tels que les chevaux, lorsqu’un moustique pique un oiseau infecté et ensuite un cheval (transmission oiseau-cheval). Le Virus du Nil appartient à la famille des Flaviviridae et infecte principalement les oiseaux tels les corneilles, les corbeaux, les geais bleus, et les pies. La maladie est transmise d’un oiseau à l’autre via les piqûres de certains moustiques (Culex pipiens, Culex restuans et Culex tarsalis) se nourrissant du sang des oiseaux. Le Virus du Nil peut se transmettre à d’autres animaux tels que les chevaux, lorsqu’un moustique pique un oiseau infecté et ensuite un cheval (transmission oiseau-cheval). La transmission cheval-cheval ou cheval-homme est impossible.

SIGNES CLINIQUES :

Chez les chevaux, le Virus du Nil amène la plupart du temps aucun signe clinique. En effet, ce ne sont pas tous les animaux piqués par des moustiques infectés qui développeront des signes de la maladie. Le Virus du Nil peut causer des signes neurologiques d’encéphalite : fièvre, démarche titubante, faiblesse des membres postérieurs, tremblements musculaires, difficulté à se lever, et paralysie. Environ le tiers des chevaux atteints de la maladie (signes cliniques) décèderont et plus de 40% des survivants garderont des séquelles de l'infection. Ces signes peuvent aussi être présents dans plusieurs autres maladies affectant le système nerveux : rage, botulisme, myéloencéphalite équine à protozoaire, myélopathie dégénérative équine, myélopathie à herpes virus, etc. Pour confirmer son diagnostic le vétérinaire doit donc prélever un échantillon de sang qui sera analysé dans un laboratoire spécialisé.

TRAITEMENTS ET PRÉVENTION :

Une fois le diagnostic confirmé, malheureusement il n’existe aucun traitement spécifique contre le Virus du Nil. Seul un traitement de support peut être institué; il est donc important de jouer sur la prévention de cette maladie :

  1. Diminuer l’exposition aux moustiques
    • Garder les chevaux à l’intérieur pendant les périodes d’activités des moustiques (aube et crépuscule)
    • S’assurer que l’écurie possède des moustiquaires en bon état
    • Utiliser des insectifuges
    • Assurer une bonne désinfection des auges et mangeoire (milieu propice à la multiplication des moustiques)
    • Éviter les plans d’eau stagnante sur les pâturages
  2. Vaccination
    Il y a maintenant des vaccins efficaces contre cette maladie, si la vaccination est complétée 2 semaines avant l’apparition des moustiques :
    • Première dose suivie d’un rappel 3-6 semaines plus tard
    • Rappel au 6-12 mois par la suite

Il est important de s’informer avant de faire vacciner des chevaux voués à l’exportation. Les chevaux vaccinés développent des anticorps contre le virus et seront donc positifs au test de dépistage (test mesurant les anticorps) exigé lors d’exportation.

POUR PLUS D’INFORMATIONS SUR LE VIRUS DU NIL :

Santé Canada : www.hc-sc.gc.ca
Agence Canadienne d’Inspection des Aliments (ACIA) : www.inspection.gc.ca
Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) : www.mapaq.gouv.qc.ca

Faculté de Médecine vétérinaire, Université de Montréal Audrey Hébert Gingras
Étudiante de 4e année

Dr Jean-Pierre Lavoie, DMV, Diplomate ACVIM
Professeur titulaire, Médecine interne équine
Faculté de Médecine
Université de Montréal

 

La Chronique
Vétérinaire

Clinique
23 février 2008

 

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