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Santé équine

La thrombophlébite

Question

Je possède une jument 1/2 sang arabe qui suite à une injection a contractée une thrombophlébite (au niveau de la veine jugulaire droite). Je cherche désespérément une définition de thrombophlébite sur Internet et malheureusement je ne trouve rien. Pourriez-vous m'en donner une et m'expliquer quelles en sont les causes les plus fréquentes ainsi que les conséquences sur un cheval car apparemment leur système veineux est beaucoup plus complexe que les vaches par exemple.

Réponse

Cathéter
Cathéter

La thrombophlébite est la formation d’un caillot qui obstrue de façon partielle ou complète le flot veineux provoquant ainsi l’inflammation de la veine. Celle-ci peut être douloureuse, chaude, enflée et ressembler à un cordon. Tout ce qui irrite la paroi d’un vaisseau, ralentit le flot sanguin ou favorise la coagulation peut provoquer un thrombus. Les principales causes de thrombophlébite d’une veine jugulaire chez le cheval sont les cathéters intraveineux (I.V.), les injections I.V. répétées et les injections de produits irritants en périphérie de la veine. Les chevaux sont plus sujets aux thrombophlébites que les vaches. Les conséquences d’une thrombophlébite sont aussi plus importante chez le cheval que chez la vache, ceux-ci n’ayant que 2 veines jugulaires (une à gauche et une à droite), les vaches en ayant 4 (une superficielle et une profonde de chaque côté).

Les cathéters I.V. sont fréquemment utilisés pour les patients hospitalisés. Le cathéter diminue le dommage global sur la veine, le stress de l’animal et le risque d’une injection périvasculaire, mais peut parfois provoquer une thrombophlébite. Malgré un bon suivi et des manipulations aussi hygiéniques que possible, certains patients sont plus à risque que d’autres de développer une thrombophlébite (par exemple un cheval atteint de diarrhée). Lorsqu’un vaisseau est endommagé, le thrombus sert à boucher les fuites afin d’éviter une hémorragie. Les injections I.V. répétées peuvent promouvoir la croissance d’un thrombus obstruant la veine de façon partielle ou complète. Selon la technique, le site utilisé et la contention de l’animal, l’injection peut être plus ou moins traumatique. Certains produits couramment utilisés chez les chevaux (Phénylbutazone, Tétracyclines, Sulfamides) sont très irritants lorsque injectés en périphérie d’une veine. Ils provoquent une inflammation autour de la veine et favorisent la formation d’un caillot dans la veine créant ainsi un site propice aux infections bactériennes. Il faut donc s’assurer de rester dans le vaisseau tout au long de l’injection. Si on s’aperçoit avoir injecté un produit irritant en périphérie de la veine, il est recommandé d’injecter immédiatement un grand volume de Saline Stérile sous-cutanée ou en périphérie du site affecté. La saline aura pour effet de diluer la solution irritante et de favoriser son absorption.

Les thrombophlébites de la veine jugulaire sont fréquentes chez les chevaux, mais peuvent parfois être accompagnée de complications. Il est important de s’assurer qu’il n’y a pas d’infection dans le thrombus (température rectale, échographie, profil sanguin). S’il y a une infection, une antibiothérapie est de mise, car les bactéries peuvent prendre la circulation, s’arrêter dans un petit vaisseau sanguin et débuter un nouveau foyer septique qui se développera en abcès. Les bactéries ne sont pas les seules à pouvoir créer des dommages. En effet, tant que le thrombus n’est pas stable, des particules peuvent s’en détacher et aller bloquer des vaisseaux de plus faible diamètre ce qui aura pour effet de priver une région d’apport sanguin. Enfin, l’obstruction d’une veine jugulaire ne pause pas trop de problème puisque l’autre veine jugulaire continue de recevoir le sang provenant de la tête. Mais si les deux veines sont bloquées, la tête risque d’enfler.

Lorsqu’on est en présence d’une thrombophlébite, on peut appliquer des compresses d’eau chaude ou faire de l’hydrothérapie. On peut administrer des anti-inflammatoires-non-stéroïdiens par la bouche (Phénylbutazone, Banamine…) afin de réduire l’inconfort relié à l’inflammation. L’usage d’anticoagulants est plutôt utile en prévention (cathéter) ou afin d’éviter la propagation d’un thrombus déjà présent. On devrait s’assurer que les vaccins contre le Tétanos du cheval sont à jour. Une chirurgie est possible lorsque qu’il s’agit d’un abcès grave.

La bonne nouvelle est que même une veine complètement obstruée peut se recanaliser et redevenir partiellement ou totalement fonctionnelle. L’échographie permet de déterminer si l’obstruction est complète.

Faculté de Médecine vétérinaire, Université de Montréal Sarah Poitras-Wright
Étudiante en quatrième année

Dre. Laureline Lecoq
Résidente en Médecine interne équine
Faculté de Médecine Vétérinaire, Université de Montréal

Sous la supervision du
Dr Jean-Pierre Lavoie, DMV, Diplomate ACVIM

Professeur titulaire, Médecine interne équine
Faculté de Médecine
Université de Montréal

La Chronique
Vétérinaire

Clinique
23 février 2008

 

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