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  Problèmes musculaires

Santé équine

Le botulisme

La question :

Bonjour j'aimerais vous parler de quelque chose qui me tient a coeur..... Le botulisme. Je vais vous raconter mon histoire d'amour, amour que j'ai perdu à cause de cette maladie. Éleveurs du Québec prenez conscience du danger.

J'ai 21 ans et cela fait plus de 8 ans que je monte à cheval. J'en suis une passionnée. J'ai toujours fréquenté la même écurie d'élevage. Étant donnée qu'il a beaucoup de poulains qui doivent être manipulé le plus possible pour les préparer au débourrage, chaque jeune s'occupe d'un poulain en particulier.

L'été 1994, lorsque je me promenais dans le champs, j'ai découvert une petite pouliche de 8 mois. J'ai eu un coup de foudre. Nous sommes devenue inséparables, même si elle était une pouliche difficile. Elle était presque sauvage et moi très débutante. Elle avait peur de tout et elle se cabrait fréquemment. J'ai réussi a lui faire apprécié l'être humain et j'ai passé des années a l'apprivoiser jusqu'a son débourrage.

Si je vous raconte tout ça c'est que je voudrais que ce malheur n'arrive a personne. Le botulisme est une maladie épouvantable. Voir une bête si robuste mourir petit a petit est très dur. Les questions posées sont donc :

Donnez moi une explication de cette maladie chez les chevaux.
Comment prévenir la maladie?
Décrivez les symptômes de la maladie et comment la guérir
Si il y a un vaccin, quel est son nom? Quand le donner? Ou se le procurer.
J'apprécierais tout autre renseignement pertinent concernent cette maladie

La réponse :

Le botulisme est une maladie, souvent mortelle, causée par l’ingestion de la toxine produite par la bactérie Clostridium botulinum.

Le botulisme est une maladie, souvent mortelle, causée par l’ingestion de la toxine produite par la bactérie Clostridium botulinum. Il existe 7 types de Clostridium botulinum et les types B et C sont les plus souvent rencontrés lors d’intoxication chez les chevaux. Le cheval est une espèce très sensible aux toxines botuliques. On peut retrouver les toxines du botulisme dans les carcasses en décomposition ou dans des matériaux végétaux tels que l’herbe, le foin, l’ensilage avarié, etc. Ainsi, les toxines se retrouvent dans la nourriture du cheval, plus souvent dans l’ensilage, et risque de causer un intoxication. Habituellement, plusieurs chevaux d’une même écurie sont affectés par l’intoxication. Bien que beaucoup plus rare, le botulisme peut également survenir lorsque la bactérie Clostridium botulinum se multiplie dans les tissus du cheval et y produit des toxines. La bactérie utilise des portes d’entrées favorables comme des plaies cutanées pour y parvenir.

Les symptômes du botulisme apparaissent normalement 24 heures après l’exposition aux toxines et sont provoqués par une paralysie musculaire. On peut noter une faiblesse généralisée, une impossibilité de mastiquer ou de déglutir, une perte de tonus dans la queue et les paupières, des troubles de vision et une mort subite. Le cheval peut aussi présenter de l’inconfort abdominal et des coliques. Éventuellement, le cheval ne se lève plus. La mort est habituellement causée par une paralysie respiratoire ou cardiaque.

Traitements

Traiter un cheval avec le botulisme peut s’avérer très coûteux, long et souvent sans succès. Par contre, si la maladie est détectée tôt dans son évolution, l’administration d’une antitoxine botulique pourrait aider le cheval dans sa guérison. Malheureusement, se traitement s’avère très coûteux. Sinon, seuls des traitements de support tels que des soins continus, le lavage gastrique, le gavage par tube gastrique, et la sédation pour diminuer l’activité musculaire. Lorsqu’un cas de botulisme est détecté, il est très important de changer immédiatement la source d’alimentation des chevaux afin de diminuer les risques de cas d’intoxication supplémentaire.

Prévention

Pour prévenir le botulisme, la nourriture doit être à l’abri de la contamination par les carcasses de rongeurs. De plus, il faut éliminer l’herbe pourrie ou l’ensilage altéré de l’alimentation des chevaux. Il existe aussi un vaccin de type B pour prévenir le botulisme chez les chevaux. Celui-ci peut être administré aux juments gestantes pour protéger les poulains à raison de trois doses à un mois d’intervalle et un rappel 6 semaines avant le poulinage. Il est fortement recommandé de vacciner les juments gestantes dans les régions où des cas de botulisme ont été détectés.

Faculté de Médecine vétérinaire, Université de Montréal Julie-Hélène Fairbrother
étudiante 3e année

Dr Jean-Pierre Lavoie, DMV, Diplomate ACVIM
Professeur titulaire, Médecine interne équine
Faculté de Médecine
Université de Montréal

 

La Chronique
Vétérinaire

Clinique
23 février 2008

 

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