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Question
Bonjour,
Mon cheval est chez un paysan et apparemment la nourriture n'est
pas super appropriée pour les chevaux... Je ne sais pas
exactement la composition mais je sais qu'il y a 25 pour cent de
gras et que c'est beaucoup trop. Il en faudrait au max 12. Que
faire? J'ai acheté 1 complément alimentaire (il s'appelle
totalin) pour essayer de combler les éventuelles carences mais
j'ai peur qu'il y ait du gras dedans étant donné qu'il en a déjà
deux fois trop dans sa ration journalière. La composition de ce
produit se trouve sur internet mais pas en français.
Quels peuvent être les effets secondaires
pour un cheval qui mange trop gras?
UNE RATION DE 25% DE GRAS : ATTENTION AU SURPLUS DE POIDS.
Dans un premier temps, la ration équine
normale contient effectivement un assez faible pourcentage de
gras soit environ 3 à 6%. Les gras, additionnés aux protéines,
représentent une faible source d’énergie par rapport aux
hydrates de carbones (sucres) qui représentent les 2/3 de
celle-ci (en poids).
Il est intéressant de mentionner que la
composition des gras corporels du cheval est influencée par la
composition en gras de la diète. La qualité des gras ingérés
revêt donc une importance particulière. Les gras d’origine
animale semblent moins digestibles. De plus, les gras peuvent
rancir. Une diète qui rancit perd beaucoup de valeur puisque les
acides linoléiques sont affectés. Ces acides permettent
l’absorption de vitamines liposolubles nécessaires à l’animal.
La diète rancie perd aussi beaucoup d’appétence auprès des
chevaux. Une augmentation de gras dans la ration augmente aussi
la quantité de cholestérol dans le plasma. Les gras possèdent
aussi l’avantage de réduire la poussière des rations, de
lubrifier les équipements qui la produisent et de lier les
grains. La qualité des poils peut aussi être optimisée avec une
ration plus grasse.
Le gras est souvent utilisé chez les chevaux
d’endurance. Ces chevaux ont besoins de réserve énergétique
importante afin de fournir un effort de longue durée. Le gras
présente un avantage certain par rapport aux autres sources
d’énergie car il est 2,25 fois plus efficace que les hydrates de
carbone.
La question posée ne mentionne pas si le 25%
de gras est celui trouvé dans les suppléments seulement ou dans
la consommation volontaire de matière sèche totale (CVMS). Ce
point fait une différence, car si un supplément de 500g à 25% de
gras est servi à l’animal, il ne fournit que 125g de lipides.
Ainsi, si on prend 0,125g/(12,5kg/jr CVMS)X 100% = 1% de gras
ajouté. Si on ajoute le gras contenu dans les fourrages, soit
environ 3% de celui-ci, on obtient entre 3% et 4% de lipide dans
la ration totale. Ce pourcentage est tout à fait adéquat. Par
contre, si le même supplément est servi à raison de 5Kg/jr, on
augmente la portion de gras : 1,25Kg de lipides du supplément.
Ainsi, le calcul devient : ((1,25+((12,5Kg de CVMS-5Kg de
moulé)X3% de lipides dans le foin) / (12,5Kg de CVMS)) X 100% =
11,8%. Un pourcentage élevé mais tout de même n’entraînant pas
de dangers réels.
Lors d’une supplémentation en gras, il est
important de préserver le rapport grain versus fourrages sous un
maximum de 40%. Le cheval peut utiliser jusqu’à 20% de gras
ajouté à la diète totale et 30% dans la moulée sans effets
adverses. Un effet laxatif peut être observé si une telle diète
n’est pas introduite graduellement. Un taux de gras supérieur
entraînerait également une diminution de l’appétence de la
moulée et des pertes dans les selles. Enfin, on doit rester
prudent avec une supplémentation en gras, car elle accroît la
densité énergétique de la ration. En contre partie, on doit
réduire la quantité de concentré offerte.
Un pourcentage élevé en gras augmente
l’énergie fournie par la ration, celle-ci doit être
proportionnelle à la demande énergétique quotidienne du cheval.
Une condition de chair trop élevée peut occasionner divers
problèmes de santé. Nourrir votre monture avec une ration riche
en gras reste sans danger, mais vous devrez surveiller l’état de
chair de celui-ci. Des chartes basées sur des critères
anatomiques existent, elles sont utiles afin de situer la cote
de chair de votre compagnon.
Lien connexe :
http://www.omafra.gov.on.ca/french/livestock/horses/facts/98-102.htm
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Cloé Gervais St-Cyr
Sous la supervision du
Dr Jean-Pierre Lavoie, DMV, Diplomate ACVIM
Professeur titulaire, Médecine interne équine
Faculté de Médecine
Université de Montréal |
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